Amélie Fortin

Membre de l'Ordre du Bleuet depuis 2023

Pianiste émérite, musicienne polyvalente, pour avoir contribué au rayonnement de la région à travers une carrière internationale, Amélie Fortin fut reçue membre à l'Ordre du Bleuet, le 3 juin 2023, à la Salle Pierrette-Gaudreault à Jonquière.

Pianiste émérite, musicienne polyvalente, pour avoir contribué au rayonnement de la région à travers une carrière internationale, Amélie Fortin fut reçue membre à l'Ordre du Bleuet, le 3 juin 2023, à la Salle Pierrette-Gaudreault à Jonquière.

Pianiste émérite, musicienne polyvalente, pour avoir contribué au rayonnement de la région à travers une carrière internationale, Amélie Fortin fut reçue membre à l'Ordre du Bleuet, le 3 juin 2023, à la Salle Pierrette-Gaudreault à Jonquière.

Pont enjambant la rivière à Chicoutimi.

Crédit : Photo Patrick Simard

Son histoire

Amélie Fortin reçoit sa lithographie hommage de Sonia Perron, membre du comité des candidatures de l'Ordre du Bleuet.

Le destin de cette artiste émérite semblait tracé d’avance, mais c’est le contact précoce avec la musique qui a dessiné son avenir. Du plus loin qu’elle se souvienne, la musique a toujours été présente dans la vie d’Amélie Fortin. Après sa naissance, le 19 août 1983, elle passe sa jeunesse à Saint-Bruno, au Lac-Saint-Jean. Sa mère Claire Lachance joue du piano tous les jours et l’enseigne à de nombreux autres enfants durant 34 ans. À 3 ans, il est donc très naturel pour ...

la petite de grimper sur le banc devant l’imposant instrument et de pianoter la chanson de son émission préférée, Passe-Partout. Sa maman découvre alors qu’elle possède l’oreille absolue, au moment où elle nettoie le clavier et, à sa grande surprise, entend sa fillette lui déclamer tout naturellement le nom des notes qu’elle accroche au passage du chiffon. Dès l’âge de 5 ans, ce sera sa première professeure, puis on l’inscrit aux cours privés de Louise Marchand, qui jouera un rôle déterminant dans son apprentissage et l’encouragera grandement à cultiver son précieux talent. À huit ans, Amélie va régulièrement aux concerts avec ses parents et accompagne au piano un récital d’élèves pour la première fois.

Pour le moment, l’amoureuse des bêtes rêve de devenir vétérinaire mais, quand on est allergique aux animaux, le choix se fait de lui-même. Son père Michel Fortin, passionné d’agriculture, fonde la Ferme Multi-Fruits. Le premier emploi d’été d’Amélie est donc de tenir le kiosque de fraises et de framboises. Mais elle s’investit beaucoup plus dans le service à la clientèle que dans le travail manuel au champ. Cette attention pour l’accueil des clients, plutôt que pour la cueillette des petits fruits, se manifestera dans tout ce qu’entreprendra par la suite l’empathique jeune femme et profitera à tous ceux qu’elle croisera sur son chemin.

À l’adolescence, lors de ses stages au camp musical de Métabetchouan, Amélie attrape la piqûre, et l’idée de poursuivre son éducation en musique au Collège d’Alma s’installe comme une fièvre. Pour l’instant, elle commence à explorer l’univers des accords et de l’improvisation de manière plus poussée quand elle signe un contrat afin de revamper à sa façon les messes à son village. Après son DEC auprès d’Hélène Lagueux, autre enseignante influente qui la suit depuis son entrée au secondaire, elle s’établit à Montréal en 2002 et obtient, avec travail et distinction, un baccalauréat de l’Université de Montréal puis une maîtrise, toujours en interprétation, dans la classe de Paul Stewart, un professeur aussi essentiel à son évolution professionnelle. En 2005, elle fait la rencontre de Marie-Christine Poirier à l’université et les deux amies, qui partagent plusieurs goûts communs, décident de s’inscrire ensemble dans un cours de musique de chambre. En 2008, les musiciennes se spécialisent en piano à quatre mains et deux pianos. Depuis maintenant 18 ans, les deux complices forment le Duo Fortin-Poirier et voient leur entreprise grandir au fil du temps et des multiples projets et prestations. Dans un autre registre, la collaboration de la polyvalente claviériste avec Pierre Lapointe, il y a quelques années, contribue à assouvir son désir secret de travailler sur la scène dite «populaire» et lui permet d’étendre la portée de son talent. Comme pour le prochain film d’Ariane Émond où elle sera pianiste sur une trame musicale de Martin Léon.

Amélie est lauréate de nombreux prix et bourses individuels, notamment du Festival de Musique du Royaume, du Concours de Musique du Canada, du Concours de musique de Sillery, des Caisses Desjardins et des Conseils des arts du Québec et du Canada. Elle se distingue également à plusieurs reprises au cœur de son duo et cumule les hommages, entre autres : 1er prix au Concours de musique du Canada; finaliste au Concours international de piano à quatre mains de Valberg, en 2009, et au Liszt 200 Chicago International Duo Piano Competition, en 2011; mention spéciale du jury au International Edvard Grieg Piano Competition, en 2012; 2e Prix au Concorso Pianisto Internazionale Roma, en 2013; finaliste aux prix Opus pour leur concert Nuit blanche, en février 2023.

La multiinstrumentiste, qui touche l’accordéon, le mélodica, le thérémine, la flûte irlandaise, le chant et le ukulélé, se singularise par son incomparable leadership, son large spectre de pianiste comme interprète, compositrice ou arrangeure et sa carrière internationale comme chambriste et accompagnatrice. Son intégrité, son professionnalisme, son sens de l’humour et du respect, son ouverture envers toutes les personnes qu’elle côtoie en font une créatrice d’exception et une inspiration pour ses élèves et ses jeunes spectateurs. Depuis 2009, la généreuse artiste œuvre pour la Société pour les Arts en Milieux de santé et donne des concerts dans les CHSLD avec le clarinettiste Jean-François Normand. Pianiste pour la Pietà d’Angèle Dubeau et pour l’ensemble vocal Carpe Diem, elle s’associe régulièrement avec des créateurs de la scène classique et populaire. Elle a accompagné Gino Quilico et Nathalie Choquette, en 2021, pour leur spectacle Gino et ses Divas, et le Quatuor Esca, en mars et avril 2023, lors de  tête-à-tête musicaux très courus. Depuis 2012, comédienne à ses heures, Amélie incarne le petit Wolfgang dans le spectacle jeune public «La Récréation de Mozart», produit par Les Jeunesses musicales du Canada.

Grâce à sa passion pour la photographie, Amélie Fortin va à la rencontre de l’humain et capte avec sensibilité la versatilité que les visages peuvent offrir. Elle adore les voyages et, comme elle part souvent en tournée, en rapporte de précieux clichés des mimiques rencontrées sur la planète musicale. Son conjoint, Éric Levasseur, est un pilier pour celle qui harmonise avec brio amour et musique. Mais malgré plus de 20 ans à Montréal, et une implication indéfectible dans sa ville d’adoption, une partie de la Brunoise d’origine est restée au Lac-Saint-Jean. Elle enseigne au Camp Musical de Métabetchouan chaque année et passe un maximum de temps dans la région pendant l’été. Fière d’être jeannoise, même si elle apprécie les opportunités de carrière et l’offre culturelle de la métropole, ses racines sont bien implantées dans la terre nourricière qui l’a vue germer, s’épanouir et redonner tant de beauté.

Texte de Christine Martel

Pour en savoir plus sur le duo Fortin-Poirier, consultez le site: https://duofortinpoirier.com

 

Vidéo de présentation

  • Réalisation : Marie-Josée Paradis et les membres du comité des candidatures
  • Texte : Christine Martel
  • Montage : Les Films de La Baie
  • Lecture : Josée Bourassa et Éric Chalifour