Simone Murray Boivin

Membre de l'Ordre du Bleuet depuis 2026

Pour sa contribution exceptionnelle au développement de la danse au Saguenay–Lac-Saint-Jean, notamment par la formation, Simone Murray Boivin fut reçue membre posthume à l'Ordre du Bleuet, le 6 juin 2026, à l'Auditorium Fernand-Bilodeau de Roberval.

Pour sa contribution exceptionnelle au développement de la danse au Saguenay–Lac-Saint-Jean, notamment par la formation, Simone Murray Boivin fut reçue membre posthume à l'Ordre du Bleuet, le 6 juin 2026, à l'Auditorium Fernand-Bilodeau de Roberval.

Pour sa contribution exceptionnelle au développement de la danse au Saguenay–Lac-Saint-Jean, notamment par la formation, Simone Murray Boivin fut reçue membre posthume à l'Ordre du Bleuet, le 6 juin 2026, à l'Auditorium Fernand-Bilodeau de Roberval.

Pont enjambant la rivière à Chicoutimi.

Crédit : Photo Kth photographie

Son histoire

Simone Murray Boivin † (8 janvier 1920 – 16 mars 2012)

Photo Kth photographie – Murray Boivin (fils et représentant de Simone Murray Boivin) et Aldéi Darveau, vice-président Lac-Saint-Jean du conseil d'administration de l'Ordre du Bleuet

L’histoire contemporaine de la danse recèle un grand nombre de fondatrices visionnaires qui ont formé des générations de jeunes danseurs et danseuses. Le parcours exceptionnel de l’une d’elles, Simone Murray Boivin, compte près de cinquante ans de dévouement et de transmission artistique. Cette battante a fortement collaboré à démocratiser et décentraliser cet art vivant dans notre région. En cultivant une relation privilégiée avec ses élèves, la pédagogue ...

née les a aidés à utiliser leur corps, pour s’exprimer tout en s’amusant avec cet outil complexe.
 
Aînée de quatre enfants, deux frères Wilbrod et Rolland et une sœur Reine-Aimée, Simone Murray naît à Matane en 1920. Son père Siméon est travailleur forestier tandis que sa mère, Rose Savard, s’occupe de la maison et de l’éducation des petits. La fillette n’a pas la langue dans sa poche et, dès son jeune âge, démontre du caractère, raffole de la danse et la musique, et se plaît à dire qu’elle ressemble à son père, artiste-violoneux à ses heures. Elle rêve d’être institutrice et de partir à l’aventure.
En 1939, professeure chez les Sœurs du Bon Pasteur de Québec, on lui propose un poste en français à Biddeford dans le Maine aux États-Unis. Elle y acquiert une méthode de gymnastique artistique nommée Zadra, réunissant musique et mouvement. En 1946, enseignante d’anglais à la Commission scolaire catholique d’Arvida, elle offre ses premiers cours de danse à ses élèves masculins comme activité de loisirs. Elle initie les garçons au menuet et à la gavotte, après leur avoir révélé, pour les motiver, que seuls les hommes dansaient à la Cour du Roi.
En 1952, Simone épouse Gérard Boivin et prend sous son aile les trois enfants de ce dernier, Monique, Jean et Camil. Fidèle compagnon au soutien indéfectible, le mari connaît et accueille l’âme d’artiste de sa nouvelle femme, son besoin de communiquer et de créer. De leur union naîtra un fils, Murray, un cadeau du ciel comme la maman se plaît à dire. Dix petits-enfants s’ajouteront plus tard à cette belle fratrie, entraînée pour l’instant dans le tourbillon Simone, que sa passion dirige vers l’enseignement du ballet. Une discipline exigeante qui représente à ses yeux un moyen d’épanouissement à nul autre pareil.
La mère de famille fonde donc « La chorégraphie classique », une première école qui connaîtra une expansion notable au fil des ans. Un studio est aménagé au sous-sol de la maison de la rue de Tracy, à Chicoutimi, et une chambre est réservée pour les costumes de scène. Gérard devient chauffeur particulier pour les cours et les spectacles dans les différentes villes, transporteur d’habillements, technicien pour les éclairages et accompagnateur. En 1955, Simone Murray Boivin s’assure d’obtenir la qualification pour enseigner le syllabus de l’Association britannique des professeurs de danse. Chaque année, différentes examinatrices viennent évaluer ses élèves et faire le suivi.
 
En 1968, Simone se donne entre autres comme objectif de former de bonnes éducatrices qui savent partager leur savoir en stimulant le potentiel créateur de l’enfant. Accompagnée de quatre jeunes enseignantes, elle débute l’apprentissage de la méthode Chiriaeff avec l’Académie des Grands Ballets canadiens, sous la direction de Ludmilla Chiriaeff surnommée Madame. Deux festivals sont organisés, en 1969 et 1970, sous l’égide de l’Alliance artistique saguenéenne, avec la collaboration de l’Académie qui remet des bourses d’été aux plus prometteuses. En 1975, un formidable essor de la danse classique a lieu avec l’ouverture de la concentration-danse au niveau secondaire à l’école Pierre-Laporte. Celle-ci permet à de nombreuses élèves talentueuses des centres éloignés du Québec de bénéficier d’une formation professionnelle parallèlement à leur corpus académique. Dès la première année, six boursières proviennent de l’école de Simone Murray Boivin.
 
Au cours de sa riche carrière, cette avant-gardiste sensible et résolue implique différentes institutions à soutenir sa mission telle que les Filles d’Isabelle, les communautés religieuses, les députés et le clergé, qui changera peu à peu sa vision face à cette pratique. Issue d’un milieu modeste, elle tient ainsi à populariser la danse et à la rendre accessible. En 1951, lors d’une tournée en avion, de Baie-Comeau à Matane, à l'ouverture du rideau on entend des éclats de rire. Les personnes dans la salle n'ont jamais vu de filles qui se tiennent sur le bout des orteils. Elles portent le chausson de danse qu’on appelle les pointes. Qu’à cela ne tienne! L’organisatrice arrête le spectacle et révèle aux spectateurs tous les secrets du chausson. C’est devant les applaudissements nourris d’un auditoire maintenant conquis que se termine la représentation.
 
Simone Murray Boivin s’éteint en 2012 à la suite d’une longue maladie. De Chicoutimi à Mistassini, en passant par Jonquière, Kénogami, Arvida, Bagotville, Port-Alfred, Alma, Roberval, Dolbeau, L'Anse-Saint-Jean et Petit-Saguenay, des centaines de petits rats, devenus cygnes, ont fait leurs premiers pas aux côtés de cette pionnière au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Grâce à sa ténacité et à son intégrité, cette fonceuse a surmonté bien des embûches et relevé bien des défis. Sa participation à la fondation de plusieurs écoles a établi les bases solides d’institutions renommées qui, encore aujourd’hui, permettent à des milliers de jeunes de bénéficier d’un enseignement de la danse de qualité et de vivre sur scène des expériences inoubliables.

Texte de Christine Martel

Vidéo de présentation

Biovidéo à venir
  • Réalisation : Marie-Josée Paradis et les membres du comité des candidatures
  • Texte : Christine Martel
  • Montage : Daniel Chaîney
  • Lecture : Émilie Gagné et Louis Arcand