Sara Moisan

Membre de l'Ordre du Bleuet depuis 2026

Comédienne et cofondatrice du Théâtre de La Tortue noire, pour sa contribution au rayonnement du théâtre au Québec et à l’international, Sara Moisan fut reçue membre à l'Ordre du Bleuet, le 6 juin 2026, à l'Auditorium Fernand-Bilodeau de Roberval.

Comédienne et cofondatrice du Théâtre de La Tortue noire, pour sa contribution au rayonnement du théâtre au Québec et à l’international, Sara Moisan fut reçue membre à l'Ordre du Bleuet, le 6 juin 2026, à l'Auditorium Fernand-Bilodeau de Roberval.

Comédienne et cofondatrice du Théâtre de La Tortue noire, pour sa contribution au rayonnement du théâtre au Québec et à l’international, Sara Moisan fut reçue membre à l'Ordre du Bleuet, le 6 juin 2026, à l'Auditorium Fernand-Bilodeau de Roberval.

Pont enjambant la rivière à Chicoutimi.

Crédit : Photo Kth photographie

Son histoire

Photo caméo: crédit Patrick Simard
Photo Kth photographie – Sara Moisan et Gilberte Dufresne, vice-présidente Saguenay du conseil d'administration de l'Ordre du Bleuet

Dans le théâtre d’objets, sans se départir de son identité, l’objet quitte le rôle d’accessoire pour endosser celui de personnage. Grâce à la magie de la manipulation, il devient un partenaire de l’acteur, un déclencheur de l’imagination, un vecteur d’histoires. Sara Moisan est l’une de nos créatrices contemporaines les plus douées en ce domaine. Mais ce n’est qu’une des cordes à son arc. Conceptrice de costume, metteure en scène ou scénariste, depuis plus de 25 ans, on a ...

pu voir la comédienne dans les productions de nombreuses compagnies professionnelles telles que Les Têtes Heureuses et les théâtres CRI, À Bout Portant, La Rubrique, Du Faux coffre et 100 Masques. Cofondatrice avec Guylaine Rivard de La Tortue Noire, aux côtés de Dany Lefrançois et Martin Gagnon, elle parcourt, avec ses comparses, les plateaux du Québec et de l’international avec des productions originales avant-gardistes. Depuis 2007, elle s’implique également au sein de Clowns thérapeutiques Saguenay.
 
Sara naît le 26 juin 1981 à l’hôpital de Chicoutimi. Ses parents vivent à Sainte-Rose-du-Nord, mais c’est grâce aux magnifiques tableaux que son père a peints que ses souvenirs du bord du Saguenay restent intacts. Après quelques déménagements, c’est à Saint-Raymond de Portneuf que la fillette complète son parcours primaire et secondaire. Sa mère Gilberte Dufresne adore la pêche et le jardinage, et endosse plusieurs métiers pour gagner sa vie. C’est une femme très impliquée, notamment au jardin communautaire et à l’Ordre du Bleuet. Son père Gatien Moisan est un peintre reconnu et enseigne les arts visuels. C’est lui qui transmet sa ferveur à sa fille, impressionnée et guidée par la curiosité intellectuelle, la sensibilité, la délicatesse et les connaissances techniques de son papa. Il est toujours là pour l’aider quand elle a des idées de bricolage un peu compliquées en tête et lui inculque les bases du dessin, de la peinture et du vitrail. Ce passionné d’art, de littérature et d’astronomie décède malheureusement d’un cancer en 2019. Elle gardera son âme vivante en créant plus tard la pièce Ainsi passe la chair, où l’on découvrira combien le théâtre et la peinture peuvent être intimement liés.
 
La fillette veut faire du ballet classique, mais les cours n’existent pas dans son patelin et elle choisit donc le piano. Elle participe à quelques concours, mais jouer en public la rend beaucoup trop nerveuse pour en faire une carrière. Elle aime faire de la sculpture miniature, fabriquer des petits objets, des marionnettes, dessiner et créer des bijoux, et songe à se diriger vers les arts visuels. Avec son amie Sandy, au secondaire, elles transforment littéralement un local au complet en forêt. Le résultat est spectaculaire. Devant son talent indéniable pour la création, sa grande sœur Mira l’incite à s’inscrire en art dramatique.
 
Malgré sa timidité, la jeune fille se sent tout de suite à l’aise dans les cours. Grâce à ses profs Denis Baribeault et à Odile Pelletier, elle se découvre une passion et un talent pour les planches. Elle aime entrer dans la peau des personnages et fait preuve d’une remarquable capacité à transmettre les émotions. Elle projette encore se diriger vers la joaillerie, ce qui ne l’empêche pas de s’inscrire à la finale provinciale de Jeunes pour rire, à 13 ans, au Théâtre Saint-Denis de Montréal et d’y présenter un numéro solo devant 1000 spectateurs. Et de remporter le 1er prix. Pour elle, c’est à la fois stressant, mais aussi très excitant d’être seule, minuscule, sur une immense scène devant autant de monde.
 
En 2000, inscrite en Arts et Lettres au Cégep de Jonquière, Pierre-Paul Legendre, son professeur de théâtre et de poésie, lui montre comment lire et interpréter des textes en alexandrins. Sa passion est contagieuse et le terrain propice à la contamination. Admise au baccalauréat interdisciplinaire en arts de l’UQAC, Rodrigue Villeneuve et Hélène Bergeron, fondateurs des Têtes heureuses, lui proposent tout de go de jouer dans des pièces incroyables et diversifiées. Elle y défend ses plus beaux rôles, mais aussi les plus complexes et exigeants. Puis, c’est la maîtrise, avec comme sujet La présence corporelle de l’acteur et l’utilisation de la danse dans la mise en scène théâtrale. Très intéressée par le mouvement, elle apprécie les spectacles de danse contemporaine et la présence corporelle deviendra un aspect essentiel de sa pratique.
 
C'est Guylaine Rivard qui l’initie au jeu professionnel lors de la création de la pièce Kiwi, de Daniel Danis, à la fois marquante dans sa carrière et dans les annales de La Tortue Noire, dont Sara est toujours directrice. Créée en 1996, en Italie, cette histoire permet à ses interprètes de se produire chez nous et de se faire connaître encore aujourd’hui au-delà de nos frontières.
 
Sara partage sa vie depuis plus de 12 ans avec Marc-André Perrier, son grand ami, son confident et son aide-cuisinier. Joséphine et Constance, leurs filles, s’ajoutent au bonheur du couple, partenaire de rénovations, de pêche et de bien d’autres aventures. En véritable artiste, Sara Moisan plonge ses racines dans notre terroir local, y puise les ressources et les énergies nécessaires au déploiement de ses créations dans l’universel et nourrit nos réflexions. Son imaginaire sans limites et son incroyable polyvalence lui permettent de partager avec nous une vision du monde éclairée qui se réinvente sans cesse. Pour le plus grand bonheur de tous ceux qui ont su conserver leur émerveillement d’enfant.

Texte de Christine Martel

 

Vidéo de présentation

Biovidéo à venir
  • Réalisation : Marie-Josée Paradis et les membres du comité des candidatures
  • Texte : Christine Martel
  • Montage : Daniel Chaîney
  • Lecture : Émilie Gagné et Louis Arcand